Article de Var Matin publié le 14/03/2011 à 07:15

Par Gisèle Koson-dray

150 personnes se sont rassemblées pour soutenir les exploitants de cette Amap, contre une expropriation en raison du tracé du futur transport en commun

Ambiance bon enfant hier place de la Liberté, autour de Denise et Daniel Vuillon.Les mauvaises conditions météo n'auront pas eu raison de la détermination des défenseurs des Olivades. Et contre vents et marées, avec le soutien d'Attac Var, et d'Europe - Ecologie les Verts, Denise et Daniel Vuillon ont redit leur volonté de défendre leur propriété à Ollioules, malgré une ordonnance d'expropriation qui leur a été adressée voilà quelques semaines. Pas moins de 150 personnes s'étaient déplacées, hier matin place de la Liberté, pour défendre cette emblématique Amap (1). Ils venaient du Var et des Bouches-du-Rhône mais aussi de Savoie et de Corse, pour tirer la sonnette d'alarme.

Recours en cassation

« Touche pas à mes tomates, mes poireaux et mes salades » en guise de cri de ralliement au son d'une fanfare. Le pique-nique a, lui, été remis à plus tard !

S'il leur reste le recours en cassation auprès du conseil d'Etat, la famille Vuillon, et avec elle tous les défenseurs d'une agriculture de proximité, souhaitent faire entendre raison aux élus de Toulon-Provence-Méditerrannée (TPM). Car le problème n'est pas tant quelques hectares qui permettent une agriculture de partage, comme l'exercent les Vuillon, mais plutôt le tracé du futur transport en commun en site propre (TCSP), qui passe au milieu de plusieurs propriétés privées.

« Un tracé aberrant, qui pourrait largement emprunter d'autres voies toutes tracées, notamment en passant par le site de Lagoubran », tempête Daniel Vuillon. Tous les autres les rejoignent dans cette analyse, comme André et Robert Callié, propriétaires mitoyens.

Pour se nourrir demain

Comme Monique Mermoz, candidate écologiste sur le canton d'Ollioules qui s'engage à « lutter contre la pression foncière exercée sur les derniers espaces agricoles » ou encore Jean-Pierre Meyer, du parti communiste pour qui « ce combat pour le maintien des terres agricoles doit s'inscrire dans le temps ».

Et, le temps, Daniel et Denise Vuillon en connaissent la mesure : depuis dix ans qu'ils ont créé la première Amap de France, ils n'ont cessé de défendre « Cette agriculture nourricière qu'on devrait respecter parce que c'est elle qui nous nourrit et nous nourrira plus sûrement demain ?».

Le pire dans cette affaire, c'est de mettre dos à dos deux concepts : « Nous ne sommes pas contre les transports en commun et le tramway explique Michel Pierre, des verts (EE - LV). Au contraire, nous souhaitons un transport juste, et un tracé efficace (en Y, qui préserve les terres agricoles) ».

Reste que, malgré les assurances de TPM (voir notre édition de La Seyne du vendredi 11 mars), l'ordonnance d'expropriation court toujours...

Et les manifestants de se demander : « Pourquoi élus et décideurs ne voient-ils pas aussi clairement l'urgence de maintenir une agriculture nourricière de proximité ? »