Peut être est-il nécessaire de présenter les Olivades à ceux qui ne connaissent pas la ferme.

Autrefois plantée en céréales et en oliviers, elle fut achetée après la révolution de 1789 par un prêtre du nom de Sénéquier. Il en fit l’acquisition et dans la maison il y a toujours la chapelle où il donnait les offices auxquels assistaient tous les habitants du quartier.

La vigne remplaça les céréales ; une cave fut édifiée sous la chapelle et la vinification s’effectuait alors sur place. Ce brave curé légua ce patrimoine à sa nièce, sa plus proche parente, qui était mon arrière-grand-mère maternelle.

Les cultures étaient alors confiées à un fermier et ma famille originaire de Toulon venait aux Olivades pour les vacances.

C’est notre arrière-grand-père, médecin à la Seyne sur Mer, Germain Loro, qui fit construire le belvédère car il voulait voir la rade depuis les Olivades. Il fit construire aussi le moulin à vent ou éolienne qui pompait l’eau d’un puit et l’envoyait dans des réservoirs disposés sur la façade nord, et amenaient l’eau courante aux deux étages par gravitation. Cette installation fut inaugurée en 1904, mais il n’en reste que le piètement à balustres au bord du chemin.

C’est notre arrière grand-mère qui a fait de son mieux pour maintenir les cultures et entretenir la maison.

Mes grands-parents maternels eurent 3 filles, dont Geneviève, ma mère, qui héritèrent des Olivades. Peu de temps auparavant, mes parents firent connaissance. En effet, mon grand père paternel d’origine stéphanoise et lyonnaise avait décidé de venir s’installer dans le midi et avait acheté la propriété voisine appelée « la Garenne ». Vous comprenez aisément la suite : les jeunes voisins firent connaissance, Jules et Ginette se marièrent en 1938 ; ils eurent 3 garçons dont votre serviteur.

Ils décidèrent de s’occuper des Olivades. Il était alors difficile de vivre du vin de table et de l’huile d’olives. Petit à petit, mon père, Jules, va reconvertir l’exploitation vers d’autres productions, limité dans cette volonté par le manque d’eau.

C’est la raison pour laquelle dans les années 60, les Olivades étaient entièrement cultivées d’artichauts « Macau » ou « Blanc Hyèrois » dont la pleine production au mois de Mai, nécessitait peu d’eau en période chaude. Toute cette production «  primeur » était alors expédiée sur les plus grandes villes françaises, rien n’était proposé localement. A cette époque, la culture de l’artichaut occupait 1500 ha dans la région Hyéroise. L’ouverture du marché commun et la concurrence de l’Italie d’une part, la grève générale de Mai 68 d’autre part, ont participé à réduire la rentabilité de cette activité.

Dans les années 70, les Olivades diversifient les productions vers le débouché de consommation locale. L’arrivée de l’eau du Verdon par le « Canal de Provence » en 1977 apporta la possibilité d’une grande diversification de production même en période estivale. La production était alors écoulée sur le marché de gros de Toulon.

À la retraite de mon père, avec Denise, nous avons récupéré l’exploitation. Denise s’occupait alors du point de vente que nous avons ouvert en 1987 sur place, alors que le reste de la production était distribué aux super et hypermarchés de la zone Ouest de Toulon par nos livraisons journalières.

La vente directe exigeait la biodiversité ; cette exigence se transforma en passion par la découverte des courges puis des tomates.

Il a fallu attendre la fin des années 90 avec l’insécurité alimentaire pour que le consommateur se tourne vers les fruits de cette biodiversité. Il en fut de même pour la grande gastronomie en France et certains pays européens, ce qui nous permit de pouvoir cesser la vente auprès de ce qui est devenu « la grande distribution ».

Fin 99, nous avons découvert le concept CSA (Amap) à New-York lors d’un voyage chez une de nos filles, Edith, qui habitait Manhattan.

En avril 2001, nous avons mis en pratique ce système en partenariat avec le groupe de consommateurs d’Aubagne, pionnier en France.

Aujourd’hui les Olivades comptent :

  • 8 ha de plein champ : arbres fruitiers et légumes
  • 1.5 ha de serres : abris pour les primeurs et les productions fragiles

Voici la présentation de l’équipe qui travaille aux Olivades :

  • Daniel : c'est le « chef d'exploitation » responsable du planning des productions, préparation des sols, entretien et suivi des cultures. Il assure la distribution à Aubagne.
  • Denise, ramassage, préparation des distributions, communication et lien avec les comités et les partenaires, assure les 2 distributions aux Olivades.
  • Abdhallac le plus ancien salarié des Olivades, chargé des récoltes
  • Monique salariée à temps plein
  • Su’Eina nouvelle salariée depuis mai 2006

L’Amap a permis de pérenniser ces 3 emplois salariés.

Depuis 2003 toute la production des Olivades est distribuée entièrement aux 3 groupes de l’Amap des olivades.

Les 3 distributions par semaine correspondent au rythme des ramassages.

  • Amap lundi aux Olivades
  • Amap mercredi à Aubagne, c’est l’Amapa (Pays d’Aubagne)
  • Amap vendredi aux Olivades

En dehors de notre travail aux Olivades, Denise et moi, nous continuons à sensibiliser et accompagner les nouveaux producteurs en Amap, pour la création de nouvelles Amap dans notre région et sur le territoire national.